Pouvoirs d’agir et marges de manœuvre

Théories et méthodologies
Par Yves Clot, Pascal Simonet
Les concepts de marges de manœuvre et de pouvoir d’agir sont souvent utilisés comme des synonymes d’où la nécessité d’examiner leurs liens. La clinique de l’activité en psychologie du travail partage avec l’ergonomie de l’activité le point de vue selon lequel l’intervention doit nécessairement s’ancrer dans la complexité des situations de travail, avec la collaboration de ses différents professionnels. C’est aussi pour mieux comprendre les processus de développement de l’activité des professionnels, et leurs empêchements, que Wisner empruntait aux théories de l’activité de Vygotski et Léontiev. L’examen des rapports entre pouvoir d’agir et marges de manœuvre interroge la conception du développement de l’activité mobilisée tant du côté des ergonomes que des psychologues. Ce sont alors les liens entre subjectivité, activité et développement qui sont discutés. Au bout du compte, le développement des marges de manœuvre organisationnelles, individuelles et collectives prennent leur source dans le développement des pouvoirs d’agir dans l’activité des différents protagonistes de l’organisation du travail. En retour, ces marges de manœuvre élargies peuvent potentiellement devenir des instruments du développement des pouvoirs d’agir dans l’activité du sujet. Mais alors l’intervention dans les milieux de travail doit être pensée comme un moyen d’instituer des débats professionnels sur les différentes voies d’agir et de penser les dilemmes de métiers.
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